Bagnols-en-Forêt (83600) n’a rien d’une commune de plaine. Le village est perché sur un rebord de plateau, cerné par une immense couverture boisée et par la forêt communale. Au sud, les gorges du Blavet entaillent le socle et donnent la mesure du sous-sol local : de la roche, franche, rouge, affleurante. Ici, un chantier de terrassement se prépare d’abord en regardant ce qui sort du sol, pas ce qui pousse dessus.
Le substrat dominant est constitué de rhyolites et de grès rouges, la même famille de roches que celle qui donne à l’Estérel sa couleur. Cette pierre est si dense et si abrasive qu’elle a servi pendant des siècles à tailler des meules de moulin, exploitées dans les carrières du plateau. Autant dire que le godet de curage ne suffit pas toujours : dès que la couverture de terre s’amincit, il faut passer au godet à dents, au brise-roche ou renoncer à la cote prévue.
La deuxième particularité est l’habitat. En dehors du noyau villageois, les constructions sont dispersées, souvent au bout de pistes privées qui montent dans la pinède et la chênaie. Les pentes sont fortes, les virages serrés, les plateformes existantes étroites. Amener une pelle jusqu’à un terrain de Bagnols demande parfois autant de réflexion que le terrassement lui-même.
Troisième point : le réseau collectif ne dessert pas ces écarts. L’assainissement individuel est la règle sur la quasi-totalité des parcelles isolées, avec les contraintes que la roche impose à une filière d’épandage. S’y ajoute l’obligation légale de débroussaillement, qui structure l’entretien de chaque propriété dans ce massif très exposé au feu.